
Le Cameroun et ses défis
Faire du Cameroun, un pays émergent, locomotive de la
Qualité en Afrique Centrale, en propulsant des entreprises et des
institutions compétitives, innovantes et créatrices de richesse durable.
Histoire et Géographie
Le Cameroun, souvent désigné comme une « Afrique en miniature » en raison de sa diversité géographique et culturelle, possède une histoire riche et complexe.
Le peuplement et les grands royaumes. Le peuplement de son territoire remonte à des millénaires, avec les chasseurs-cueilleurs Baka parmi les premiers habitants. À partir du Ier millénaire avant notre ère, la région devient l’un des foyers d’expansion des peuples bantous. Par la suite, des structures puissantes se développent :
- Le Royaume bamoun (fondé vers 1384) ;
- L’Émirat de l’Adamaoua (1809) ;
- L’influence de l’empire du Kanem-Bornou au Nord.
De l’arrivée des Européens à la colonisation. Le contact avec l’Europe débute en 1472 avec l’explorateur portugais Fernando Pó, qui baptise la région « Rio dos Camarões » (Rivière des crevettes), origine du nom actuel. La colonisation débute réellement en 1884 avec le protectorat allemand (Kamerun), avant que le territoire ne soit partagé entre la France et le Royaume-Uni après la Première Guerre mondiale.
L’accession à l’indépendance et l’unité. La trajectoire politique moderne du pays est marquée par des dates clés :
- 1er janvier 1960 : Indépendance du Cameroun sous administration française.
- 1er octobre 1961 : Réunification avec la partie méridionale du Cameroun britannique.
- 1972 : Création d’un État unitaire (République unie du Cameroun).
- 1984 : Adoption du nom officiel actuel, la République du Cameroun.


D’une superficie de 475 442 km², le territoire camerounais s’étire du golfe de Guinée jusqu’au lac Tchad. Sa forme triangulaire unique et sa diversité exceptionnelle lui valent plus que jamais son surnom de « l’Afrique en miniature ».
Un relief structuré en quatre grands ensembles
Le paysage camerounais se décline en quatre zones géographiques distinctes
- Le plateau sud-camerounais : Un vaste domaine de basse altitude qui couvre environ un tiers du pays.
- Le massif de l’Adamaoua : Un bloc de socle soulevé qui joue le rôle de véritable « château d’eau » pour la région.
- Les hauts plateaux de l’Ouest : D’origine volcanique, ils forment la dorsale camerounaise. C’est ici que culmine le mont Cameroun, le point le plus haut d’Afrique centrale avec ses 4 095 mètres.
- Les basses terres : Elles se situent sur le littoral (à l’ouest) et dans la partie nord du pays.
Diversité Climatique et Écosystèmes
Cette variété de reliefs fragmente le pays en deux grands domaines climatiques :
- Le domaine équatorial (Sud) : Caractérisé par un climat chaud et humide toute l’année.
- Le domaine tropical (Nord) : Marqué par une saison sèche dont la durée varie selon la latitude.
Le saviez-vous ? Cette mosaïque de climats et de sols permet au Cameroun de posséder une immense gamme de ressources agricoles et d’écosystèmes variés, allant de la forêt dense aux zones sahéliennes.
Economie: Diversité et Défis de Croissance
L’économie camerounaise est considérée comme la plus diversifiée d’Afrique centrale. Elle s’appuie sur une palette d’activités variées : agriculture, industrie forestière, hydrocarbures et un secteur manufacturier (agroalimentaire, ciment, aluminium, bois).
Bien que la croissance soit stable, elle reste modérée. Pour 2025, les prévisions indiquent une croissance du PIB dépassant les 4%, soutenue par une discipline budgétaire qui maintient la dette publique autour de 42% du PIB. Toutefois, cette dynamique peine encore à transformer durablement la structure économique du pays.

Répartition Sectorielle : Une Domination des Services
On observe un glissement notable de l’activité économique vers les services, au détriment de l’industrie :
- Secteur primaire (Agriculture, Mines, Pétrole) : Malgré une production mondiale majeure de cacao, café et bananes, sa contribution au PIB décline. Le pétrole reste crucial pour les exportations, bien que la production baisse.
- Secteur secondaire (Industrie) : Sa part dans le PIB a reculé, passant de 34,1% en 2000 à environ 25% en 2023. Il reste dominé par le raffinage pétrolier, l’aluminium et l’agroalimentaire.
- Secteur tertiaire (Services) : C’est le véritable moteur de l’économie, représentant plus de 52% du PIB, porté par les télécommunications, le commerce et les transports.
Le Défi Structurel du Déficit Commercial
Le principal point de vulnérabilité demeure le déficit chronique de la balance commerciale. Les chiffres récents témoignent de cette fragilité :
- 2022 : 1 428 milliards de FCFA
- 2023 : 2 004 milliards de FCFA (pic inquiétant)
- 2024 : 1 747 milliards de FCFA (légère contraction)
L’origine du problème : Cette situation découle de la libéralisation économique des années 1990 qui, sans base industrielle locale compétitive, a provoqué une explosion des importations (alimentaire, construction, chimie).
Les Risques d’un Système de Normalisation Insuffisant
Le marché camerounais souffre d’un manque de contrôle sur la conformité des produits importés, ce qui crée un triple enjeu critique :
- Santé publique : Exposition de la population à des produits de qualité inférieure ou dangereux.
- Souveraineté industrielle : L’industrie locale ne peut pas rivaliser avec des produits importés à bas prix qui ne respectent pas les normes de qualité.
- Compétitivité régionale : Ce déficit de normes freine l’intégration régionale et pénalise l’exportation des produits transformés camerounais, soumis à des standards internationaux plus stricts.
La Qualité : Pilier de la Substitution aux Importations
La normalisation et la qualité ne sont pas de simples questions techniques ; elles constituent le pilier prioritaire de la politique de substitution aux importations. Sans une approche volontariste dans ce domaine, la croissance endogène reste illusoire.
L’objectif de cette stratégie est clair :
- Transformer localement les matières premières.
- Développer des filières nationales pour réduire la dépendance extérieure.
- Économiser les devises et stimuler la création d’emplois locaux.
L’Adéquation Formation-Emploi : Un Enjeu Majeur
La transformation économique est indissociable du défi de la jeunesse. Si le Cameroun voit pulluler les Instituts Privés d’Enseignement Supérieur (IPES), cette prolifération soulève deux questions critiques :
- La maîtrise de la qualité académique.
- L’adéquation formation-emploi, pour éviter de former des diplômés sans débouchés.
- Priorité à l’écosystème : Il est impératif d’aligner la recherche appliquée et la formation technique sur les besoins réels d’une économie en phase de réindustrialisation.
Synthèse des Chantiers Fondamentaux
L’avenir économique du pays repose sur l’intégration harmonieuse de trois défis :
- La correction du déficit commercial via une politique industrielle audacieuse.
- Le renforcement de la normalisation pour protéger le marché intérieur.
- La réforme du système éducatif pour le mettre au service du développement.
Conclusion : Vers une Émergence Durable
En somme, le parcours du Cameroun vers l’émergence exige une transformation structurelle profonde. Pour que l’Import-substitution, pilier de la SND30, devienne une réalité, le pays doit actionner simultanément trois leviers :
- Une politique industrielle cohérente protégeant les filières stratégiques.
- Une exigence stricte de qualité pour protéger à la fois le consommateur et l’industrie.
- Une réforme ambitieuse de la formation professionnelle pour valoriser les compétences locales.
C’est à ce prix que la croissance économique pourra se transformer en un développement partagé et durable pour tous les Camerounais.